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30/01/2013

Dernière trouvaille


Ca y est: la dernière "épave" de moto est arrivée dans mon atelier.


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Voici ma HONDA CB 450 de 1974.


C'est une belle pièce, très réputée à son époque (1969/1975) comme étant la concurrente directe de certaines anglaises (Norton ou Triumph) ou d'autres italiennes (Ducati) par la qualité de son moteur aux techniques innovantes, sa nervosité et sa tenue de route pas ridicule du tout ...


Bien que les photos ne le montrent pas d'une façon flagrante, elle a subi, comme toutes les machines de sa génération, de nombreux bidouillages pour améliorer son look, à défaut de ses performances, et ce au fil des années et des lubies de ses divers propriétaires successifs. Inutile de dire qu'elle ne roule plus depuis longtemps, mais remisée au sec sous une couverture depuis 1985, arrêtée pour cause de désaffection et non pour problèmes mécaniques, ce qui est un bon point pour elle...

Je n'ai pas tenté une remise en route, ce genre de manoeuvre étant souvent la cause de dégats. Un travail en profondeur s'impose.


Dans un premier temps, j'ai fait l'inventaire des pièces manquantes ou modifiées pour pouvoir lancer les recherches tant chez le concessionnaire HONDA - oui, oui, quarante après, la marque fournit encore de nombreuses pièces- que sur Internet.


Mon ami Pierrot, consulté mentalement sur la procédure à adopter pour mener à bien cette restauration, m'a répondu depuis son paradis des motards qu'il n'était compétent que sur les motos d'avant 1930, françaises de surcroît, et qu'il ne se fourvoyait pas sur des machines nipponnes modernes qui ont tué le marché européen.


Je me débrouillerai donc tout seul...

J'ai commencé par procéder au démontage intégral de l'engin.

 

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Il y a des morceaux partout, mais parfaitement identifiés et classés, ce que ne montrent pas les photos !
 Certaines pièces sont à restaurer, d'autres à remplacer. S'il n'y a pas trop de "surprises", je prévois le remontage au début du mois de mars. Je rassure: j'ai toutes les revues techniques nécessaires ! Les compétences aussi, j'espère...

De temps en temps, je ferai le point pour les amateurs...

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Je sais que cette note ne va pas passionner, les blogueurs chez Blog 50 étant essentiellement de sexe féminin.

Je comprends ça, ce manque d'intérêt.

Moi-même, par exemple, n'ai aucune attirance pour tout ce qui est aspirateur ou cocotte minute, je fais d'ailleurs difficilement la différence.

c'est dire...

Alors, comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, je me fais le premier commentaire:

"-Bravo Serge. Tu entreprends ta dix-septième restauration et tu as le même enthousiasme que lors de la première. Ne pense pas au jour où tu n'en auras plus envie..."

11/12/2012

Mon ami Pierrot

Pierrot nous a quittés il y a deux ans.

C'était mon voisin.
C'était surtout mon ami.
Je l'ai connu juste après la mort de mon père et  d'un certain côté, il l'a un peu remplacé. Il était de cinq ans son cadet.
Pierrot était un sorte de Géotrouvetou, aux connaissances techniques et mécaniques sans limite, faisant à peu près tout ce qu'il voulait de ses mains, bien aidé par une tête bien faite.
Il a été de ceux qui ont expérimenté des tas de trucs: le ski quand les remonte-pentes n'existaient pas, l'aile volante quand se jeter d'une falaise était perçu comme un suicide, la course de motos où les freins étaient dix fois moins puissants que le moteur, les pistes africaines en jeep dans les années cinquante quand il avait eu sa crise humanitaire.
 Pierrot était un être exceptionnel par la diversité et la qualité de ses actions, mais aussi par une forme de pensée rare qui alliait une profonde réflexion dans toutes circonstances à un grand humanisme.
J'ai passé dans son atelier des moments inoubliables, où j'apprenais la mécanique sous ses conseils avisés, et où nous avons restauré ensemble une bonne dizaine de motos anciennes dans une grande complicité.
La disparition de son épouse fut un grand choc dont il ne se releva que difficilement. Il restait des journées entières cloîtré et ne consentait à mettre le nez dehors que sous mes engueulades.
Et puis le coeur donna des signes inquiétants de faiblesse. Des pontages furent nécessaires, et le diminuèrent beaucoup physiquement. Vivre seul devint très difficile, voire impossible et sa fille dut se résoudre à demander son admission en maison de retraite médicalisée.

Ce fut le début de la fin.

Pendant plus d'un an, je suis allé voir Pierrot deux fois par semaine, dans cette maison où il vivait comme un être de passage.

Son chez-lui était ailleurs. Sa vie était ailleurs.

Il voyait les autres résidents d'un oeil lucide, chirurgical, et ne manquait pas de se comparer.
Un jour que je procédais à son exfiltration pour aller rejoindre le temps d'une promenade les berges de Garonne, il me dit, en traversant la grande salle commune où près de trente résidents étaient avachis sur leur fauteuil:
- "T'as remarqué, petit ?"
- "Quoi, Pierrot ?"
- "L'ambiance..."
Il est vrai que ces établissements, aussi luxueux soient-ils, avec du personnel aussi compétent soit-il, sont avant tout des lieux où la mort vous regarde droit dans les yeux dès que vous en avez franchi le seuil.
Pierrot savait bien ça et s'y était résigné.
D'ailleurs, lorsqu'un cancer fut découvert, il refusa catégoriquement tout traitement, décidant d'attendre sereinement son rappel. Il n'accepta que des calmants lorsque la douleur fut trop violente.
Et il est parti.

A 84 ans.

Son nom de famille était "LANGE"; ça ne s'invente pas.

Quand je suis seul dans mon atelier, confronté à un problème technique pour lequel la solution n'est pas évidente, je me demande toujours: "Comment Pierrot aurait-il abordé la chose?" et souvent le problème est résolu.

Je pense particulièrement à mon ami chaque fois qu'une nouvelle pensionnaire va rejoindre mon atelier pour restauration. La HONDA des années 70 qui va arriver bientôt aurait fait de sa part l'objet d'une étude attentive avant  toute entreprise de démontage et de rénovation. Ses conseils auraient été des plus avisés.
Je fais et vais faire sans lui, mais sa voix calme, ses mots précis sont encore dans mes oreilles.

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Après avoir rédigé cette note, j'ai décidé de créer une nouvelle catégorie, car Pierrot ne peut se limiter à quelques lignes. De temps en temps, je reviendrai sur les bons moments que nous avons partagés, ceci permettant aussi de ne pas l'oublier...



 
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