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26/05/2012

Un livre (1)

livr.jpgLe livre, en tant qu’objet, par ce qu’il est mais surtout par ce qu’il représente, par ce qu’il contient, par ce que je lui suppose de passé et de présent, m’emporte systématiquement dans un monde différent, et ce dès le premier regard.


Matériellement, un livre est bêtement né du pli, en remplacement des rouleaux : prenez une feuille, pliez la en deux, insérez-la entre deux cartons, un peu de colle et vous obtiendrez un livre. Il tient debout. Il s’ouvre et se ferme. La feuille est devenue volume. C’est simple, un livre, et pourtant…

Ce petit parallélépipède, avant de livrer son contenu, de SE livrer, se prend un peu pour les madeleines de Proust en dégageant ses odeurs d’encre, de papier, parfois de poussière quand il est un peu vieux et a été oublié sur une étagère. Il rappelle le vieil imprimeur de mon enfance qui vendait aussi quelques fournitures scolaires et dont l’atelier avait des odeurs d’obligation de bonnes notes.ch lecteur.jpg
Pour moi, le premier contact avec un livre, s’il est bien sûr visuel (il faut qu’il me plaise au premier coup d’œil par l’équilibre de ses proportions ou la beauté de sa reliure), ce premier contact est surtout olfactif et tactile.

- Olfactif parce que le livre a une senteur très particulière qu’on  trouve rarement ailleurs, odeurs qui entraînent immédiatement vers des aventures héroïques, des histoires fantastiques, des romans d’amour, vers d’autres Etres, parce qu’on sait ce que sont ces odeurs et ce qu’elles cachent. Enfant, on me mettait dans les mains pour m’occuper à la fin des longs repas de famille, un tome de l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert (la vraie, celle d’origine…) que possédait un vieil oncle; l’odeur de ce livre me laisse aujourd’hui autant de souvenir que son contenu. Une odeur de noblesse flamboyante, mélange de cuir et de parfums éventés.

C’est cette encyclopédie qui je crois, m’a accroché très tôt aux livres.

-tactile car du toucher se dégage le premier plaisir physique à l’approche et la possession de cet objet régulier, lisse, structuré dans sa forme. Caresser un livre avant de le lire, le manipuler avec douceur, avec respect pour ce qu’il est et ce qu’il contient, peut être très sensuel. C’est un plaisir de la pulpe des doigts que je ressens rarement ailleurs...( à part sur un réservoir de moto, rajouterait, perfide, mon épouse).
Le feuilleter, tout en essayant de lui arracher un peu de son contenu par une lecture aléatoire et rapide de quelques mots ou phrases, l’instant ou le toucher devient une ouverture au savoir, mais par bribes, gestes d’appropriation, espoirs de rencontre avec un nouvel ami qui ne décevra pas, mon premier contact avec un livre est toujours physique, avant de devenir intellectuel.

-livres--cc-.jpg



.../...

( La suite de cette note dans quelques jours...)

 

 

Commentaires

Bonsoir,
incroyable ou étonnant... j'ai eu l'impression de me lire, sans prétention ou si beaucoup de prétention de ma part, car je suis loin d'écrire aussi bien que vous, comme un double, j'ai déjà rédigé un jour, ce genre de note, où est elle...ce sentiment physique avant l'intellect qui pour moi est si important, mes doigts qui courent, mon visage qui se penche pour LE respirer, j'aime les "vieux" livres pas forcément les livres anciens, ceux qui ont vécu, par exemple ceux que je trouve chez Emaüs, une mine d'or chez eux, dans les brocantes, si je le pouvais je ne ruinerais en livres, je me bâtirais une maison remplie de livres, par contre je ne me souviens pas DU livre comme vous, Papa lisait mais ne savait écrire...qu'il disait, je ne connais de lui que sa belle signature au bas des chèques que Maman rédigeait, du temps où les comptes bancaires n'acceptaient que Mr.
Maman lisait aussi, d'un mileu modeste, le peu d'argent qui restait, il n'y avait pas de loisirs, de sorties, allait dans l'acquisition du genre Sélection du livre du Reader's Digest, nous sommes 4 soeurs, et nous avons toutes eu notre bibliothèque rose, verte...mais des 4 c'est moi qui prenait du plaisir, et qui seulement à mon anniversaire et pour Noël avait l'immense joie de recevoir un livre, il y avait aussi ceux obtenus en prix d'honneur à l'école, qui eux avaient un autre rôle, non choisis, mais enrubannés de ma petite fierté... 1e prix, 2e prix, je ne sais plus... et puis ils étaient lus, relus, et re relus, il y avait l'abonnement à la bibliothèque...ouf heureusement, mais un jour en manque comme une drogue, j'ai commencé à lire les livres de mes parents, c'était l'époque bibliothèque verte, j'ai lu tôt des livres qui n'étaient pas pour mon âge, eux aussi ont été lus, relus, mon mari ne lisait pas, ma fille ne lit pas, ho combien j'ai lu pour elle depuis ses premiers jours, avant ses nuits d'enfant, jusqu'au bac à faire des notes pour elle, avec des résumés, et passer des heures avec elle, elle l'a obtenu du 1e coup juste avec des résumés de livres, vais je transmettre à mes petits enfants cet amour?
merci pour cette note, hâte de la suite...
Bon week end de Pentecôte avec du soleil
Catherine

Écrit par : LADY CATHERINE | 25/05/2012

Coucou !
En ce moment mes lectures sont à Paris au début du XIX ième siècle lorsque les hommes et femmes allaient à Paris pour gagner des sous , j'ai une préférence pour les livres de faits réels et romancés
surtout dans les régions , l'histoire de France vraie . Petite j'ai surtout lu la bibliothèque rose et je piquais la bibliothèque verte du frangin . Bonne soirée et bizoux d'ici !

Écrit par : françoise la comtoise | 25/05/2012

Je partage complètement cette sensualité et cette tendresse quasi amoureuse pour les livres que tu exprimes ici mais je ne saurais l'exprimer de façon aussi alerte.

Ceci expliquant sans doute cela, mon intronisation au domaine s'est faite par les BD des aventures de Bécassine, loin très loin des senteurs de Diderot et d'Alembert dans leur habit aux vertus originelles.

Mais en te lisant et en lisant Catherine, me voilà partie moi aussi dans les souvenirs merveilleux de ce monde des livres de mon enfance - livres cadeaux - livres trouvailles - livres loués. Une "patriote" (il faut être patriote pour faire ça) avait créé une petite boutique de livres qu'elle prêtait dans une petite pièce très rudimentaire de sa maison. Elle marquait juste les éléments essentiels sur un cahier d'écolier et nous recommandait d'en prendre le plus grand soin pour qu'ils puissent également profiter à d'autres personnes. Et on s'acquittait d'une très très modeste redevance, symbolique mais incontournable.

Rien de tel qu'une générosité équitablement parcimonieuse pour faire apprécier les choses.

Promis je ne déchausse pas les lunettes jusqu'à ta prochaine note.

Bises Serge

Écrit par : monique | 25/05/2012

Mes amies
pas de fausse route: j'ai lu moi aussi dans mon enfance les bibliothèques colorées: rose, verte ,d'or,( j'étais même Docteur es Club des cinq!) beaucoup de BD aussi. L'encyclopédie était ma cerise sur le gateau. Ce vieux tonton, autodidacte mais érudit, m'avait un jour confié un ouvrage dont le souvenir est un des plus sombre de ma vie: "Histoire de la littérature française au XVIII siècle" par Ste BEUVE. J'avais quinze ans. J'étais à l'époque beaucoup plus tenté par "Paris et Hollywood" et ses femmes au sexe effacé.
Je n'ai jamais osé le lui rendre de peur qu'il m'interroge et l'ai remis à sa fille le jour de ses obsèques!

Écrit par : Serge ® | 25/05/2012

Rien n'est aussi évocateur de cet autrefois qui sommeille en nous-même que les premiers livres, les chers livres que nos petits doigts ont feuilletés, que notre jeune esprit tout neuf, naïf et curieux, a absorbé avec enthousiasme.
C'est le premier paragraphe d'une note que j'avais faite sur mes premiers livres.

http://hommageapimprenelle.blog50.com/archive/2011/09/14/les-premiers-livres.html

Mais je n'en parle pas aussi bien que toi.

Je le feuilletais aussi pour avoir un aperçu de ce qu'il pouvait me raconter et parfois, je lisais le dernier paragraphe de la dernière page.

Bonne fin de semaine.

Écrit par : vent du sud | 26/05/2012

Դե լա մէմե ֆլևր՝ լ̕աբեիլլե տիրե սոն միել ետ լե սերպենտ սոն վենին
c'est justement parfois très adapté , et le սերպենտ n'est pas toujours on l'on croit !
պարֆոիս իլ վաւտ միևխ ֆւիր ՜

Bises très sincères et franches !
Christiane

Écrit par : Christiane | 26/05/2012

Les livres m'ont accompagnés dans cette pension sinistre,enfermée,mais libre grâce à eux! Je me souviens de" Robinson Crusoé"...tout un programme...
Il y a toujours un livre auprès de moi.
Bonne journée Serge
Christiane

Écrit par : christiane06 | 26/05/2012

Si les commentaires se font en arménien, en cyrillique ou en mandarin [ Christiane ] maintenant... où va-t-on ?!
Lol !...

Bel hommage aux livres, une note... sensuelle !

Bonne fin de journée, amicalement,
Gérard.

Écrit par : CHAP | 26/05/2012

Coucou Gérard !
c'est pas moi qui ait commencé !!!!! mais j'avoue j'ai continué !

Mes livres de chevet s'appellent Musso ou Lévy ! peut être pas du même niveau...
enfin tout dépend ce que l'on recherche.

bises d'une ancienne élève studieuse

Christiane

Écrit par : Christiane | 27/05/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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